mercredi 18 octobre 2017

Vendredi 6 octobre 2017 : Col de Serre – Saint-Saturnin.

Au col de Serre, la brume peine à s’estomper. Je m’engage sur un chemin caillouteux. Le GR 4 se sépare du GR 400. Je poursuis sur la ligne de crête vers le puy de Niermont. Je me crois arrivé au sommet, lorsque se détache une nouvelle hauteur qui apparaît dans le brouillard. Et cela plusieurs fois de suite. Décourageant !
Je parviens enfin au sommet du puy de Niermont (1620 m).
A partir de là, tout change. Je vais parcourir une zone d’estives à perte de vue. C’est le plateau du Limon. Constitué d’une vaste coulée volcanique, le Limon fut défriché et drainé dès la fin du XVIIe siècle par les moines cisterciens d’Aubazine et leurs frères convers.
Je passe en bordure d’une longue série de clôtures en direction du nord-est, accompagné par les clarines des vaches. A un moment, voyant un escalier qui enjambe un barbelé, je ne sais pas si je dois ou non changer de côté, et je passe outre. Mal m’en a pris. Au bout d’un certain temps, je tombe sur des clôtures infranchissables. J’escalade les barbelés et m’accroche le pantalon en redescendant de l’autre côté. Coincé par le sac à dos sans pouvoir me dégager, je n’ai d’autre solution que de tirer en déchirant mon pantalon. Entaille béante sur la fesse droite. Bah, il n’y a que des vaches pour me voir !

J’atteins un chemin transversal, marqué par des pierres dressées, le « sentier des Quirous ». 183 pyramides de pierres entassées dressées tous les vingt mètres environ jalonnent cette voie. En les suivant, les « sagnes » (zones de tourbières humides) et autres pièges du Limon sont évités. Cela évite de se perdre. Au Moyen Age, le chemin était dangereux sur le Limon, surtout par temps de brouillard ou d’ecir, cette tempête de neige qui coûtait la vie chaque année à quelques personnes. On s’y perdrait facilement sans les quirous.


Je fais halte sur une de ces pierres pour casser la croûte, en face de troupeaux de salers et d’aubracs. Un milan royal tournoie au-dessus de nous, en recherche de proie.


Je reprends mon trajet, passe à côté de la croix du Gendarme, isolée sur une butte. Je rejoins le buron En Chagrabou.
Le Limon est parsemé de burons, dont la plupart sont en ruines. Vestiges d’une vie pastorale aujourd’hui disparue, le buron était le seul habitat des hommes qui vivaient au milieu des troupeaux durant les cinq mois de l’estive. On y fabriquait le fromage.
A partir de là, la piste devient carrossable et s’éloigne sur le plateau. Elle se transforme en route goudronnée, franchit la départementale D3, gagne le hameau de Peyrelade et son château puis le hameau de Signargoux. Un chemin herbeux bordé de murets descend vers Saint-Saturnin. Je débouche sur la place de l’église où est stationnée Viviane.

Nous nous installons à la sortie du village aux abords d’un étang pour y passer la soirée et la nuit. Un petit groupe de canards colverts glisse à la surface de l’eau. Le cancanement bruyant et rauque des femelles, ça change des meuglements !

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