mercredi 6 octobre 2021

Jeudi 28 mai 2015 : La Done – prieuré de Grand Carluc.


6h50 : coquelicots

Retour à la Done. Le GR4 emprunte une route qui grimpe à travers des vignobles et qui atteint Montfuron (670 m). A la sortie du village, beau moulin restauré sur une hauteur à l’écart de la route, entouré de genêts.


On se situe dans la réserve géologique du Lubéron. La région du Lubéron est particulièrement riche en gisements fossilifères : fossiles de vertébrés, invertébrés et végétaux, permettant de reconstituer une partie de la longue histoire de la Terre. Afin de protéger ce patrimoine, une réserve naturelle a été créée. L’extraction et le ramassage des fossiles sont interdits sur le périmètre de protection.
A Montfuron, les calcaires en plaquettes sont souvent bitumineux. Les fossiles que l’on y trouve sont remarquablement conservés.
« Un ancien cantonnier du village, M. Fabre rassembla avec passion une impressionnante collection de poissons, insectes, feuilles, plumes et autres pièces extraordinaires. Hélas, elle fut volée, et n’en demeure plus que le lointain souvenir » dit la pancarte explicative.
Je vais bientôt rejoindre une crête du massif. Non loin, on distingue la crête du Grand Lubéron. Sur le parcours, un rossignol m’accompagne un moment de ses trilles mélodieux. Le sentier blanc de calcaire se poursuit à flanc de coteau, longe la réserve naturelle de Marembrème (incluse dans le périmètre de la réserve géologique) et débouche au pied du village de Montjustin.
Viviane est stationnée sur un large parking destiné à éviter que les voitures ne montent dans le village aux ruelles étroites. Tandis que nous mangeons à l’intérieur du fourgon, un rouge-queue à front blanc plonge d’un arbrisseau et virevolte, hochant en saccades sa queue rousse.

Rencontre avec le GR97. Les deux GR continuent sur la crête, l’abandonnent pour descendre à l’orée d’un champ de lavandin, bientôt bordé de chênes séculaires.
Après avoir franchi un ponceau sur l’Aiguebelle, je débouche sur la chapelle N-D de-Pitié, à l’entrée de Céreste. Je ne la remarque d’ailleurs pas de suite, vue sous cet angle. Je franchis la petite rivière de l’Encrême sur un pont dit « romain » qui a été construit au XVIIIe siècle. C’est le résultat probable d’une confusion. Mais il se trouve qu’à côté de ce pont les vestiges d'un vrai pont romain ont été récemment mis à jour.
Je rejoins le ballast d’une ancienne voie ferrée, actuellement lieu de passage de l'Eurovéloroute de la Méditerranée (de Lisbonne à Athènes à vélo). Le chemin file plein nord, en plein soleil ! et finit par déboucher sur les ruines du prieuré de Grand Carluc.
Sanctuaire païen à l’origine, puis paléochrétien, il devint un prieuré bénédictin aux VIe et VIIe siècles. Après plusieurs décadences, il fut abandonné définitivement au XVIe siècle.
Actuellement sont visibles la chapelle romane du XIIe aujourd’hui restaurée (mais fermée !) et la nécropole dont la galerie abrite des sarcophages taillés dans le roc. Avec Viviane que je viens de retrouver sur place, je visite les ruines de cet édifice à l’architecture sobre, sa galerie funéraire, accompagnés du murmure de l’ancienne source sacrée…

Nous recherchons alors un lieu pour passer la soirée. Sur la commune de Céreste, nous dénichons une aire naturelle de camping implantée dans une forêt, au milieu des champs. On a l’impression d’être en pleine nature. Vu la douceur de l’air, nous sortons la table : apéritif et repas à l’extérieur. Le chant entêtant du rouge-queue à front blanc se poursuivra jusqu’au coucher du soleil…

Vendredi 29 mai 2015 : Grand Carluc – Simiane-la-Rotonde.

L’itinéraire s’oriente vers le nord. Sur le trajet, à côté d’un cerisier centenaire, un pigeonnier de forme carrée conserve à l’intérieur quelques boulins (pièces de bois horizontales scellées dans un mur). Après une bonne grimpée, le chemin aboutit à Ste-Croix-à-Lauze, qui doit son nom aux dalles constituant la toiture des maisons. Il ne pénètre pas dans le village et continue à grimper vers un plateau, parmi les chants d’oiseaux et les stridulations des grillons.



Vue sur les gorges d’Oppedette et les monts de Vaucluse.
Après un parcours sur route, c’est un chemin caillouteux et raviné qui prend le relais pour descendre à Oppedette.
A l’entrée du village, le GR 97 bifurque vers les gorges tandis que nous rejoint le GR 6. Derrière la petite mairie, je retrouve Viviane, stationnée sur un parking.

Après le repas et une petite sieste, nous roulons avec le Ducato sur une départementale que suit le tracé des GR. Dans un virage de la route, je poursuis à pied sur un sentier qui longe un ruisseau. Je quitte le parc naturel régional.
Transition entre le Lubéron et les monts de Vaucluse. Le GR 6 abandonne le tracé, poursuit son cheminement vers l’Atlantique par d’autres voies...
A partir de la ferme de Chaloux, le GR 4 s’engage dans les gorges de Vaumale. Il parcourt le fond des gorges pour en émerger à la ferme de Vaumale. Il contourne la ferme de Bordel, rejoint une route départementale à l’entrée et au pied de Simiane-la-Rotonde.

A la recherche d’un camping, nous roulons jusqu’à Banon. En fait, nous stationnons pour la nuit sur un parking qui fait aussi office d’aire de service pour camping-cars. Presque désert : un seul autre fourgon est garé sur la place. On fera plus tard, avant la nuit, une balade au village…

Samedi 30 mai 2015 : Simiane-la-Rotonde – Lagarde-d’Apt.

Simiane-la-Rotonde est un village perché au flanc des monts de Vaucluse. J’arpente ses ruelles pentues aux belles façades, portes sculptées et fenêtres ouvragées, avec des jardins et des terrasses aménagés aux abords. Je gagne la rotonde, tour dodécagonale de forme pyramidale qui domine le village.
Le sentier de grande randonnée longe d’anciens moulins à vent et la chapelle N-D-de-Pitié. Après le passage d’une petite barre rocheuse puis d’un ravin, il débouche sur une plaine cultivée, atteint une route qui parcourt le plateau d’Albion. Par un chemin de terre, il gagne la ferme du Basset pour franchir à la lisière d’un champ la limite du département du Vaucluse et renouer avec le parc naturel régional.
Un lièvre ne s’attarde pas à mon passage ! Un bel insecte aux ailes vert-jaune et au corps foncé, l’ascalaphe souffré, à mi-chemin entre papillon et libellule, vole et chasse sur la pelouse sèche.
L’itinéraire s’élève insensiblement jusqu’à la ferme du Château du Bois, atteint une altitude de 1160 mètres avant de s’abaisser par la route puis une sente à travers prés et bois jusqu’à la mairie de Lagarde-d’Apt. Je débouche à 1089 m, entre orties et ronces, sur cette étrange mairie isolée d'une commune éclatée, composée de fermes et d'exploitations agricoles, sans hameau. Bien que située dans les monts de Vaucluse, la commune fait encore partie du parc du Lubéron.
Viviane est garée en face du bâtiment sur un parking. Nous mangeons sur place. Après une sieste, l’excuse de la chaleur aidant, je décide de ne pas continuer cet après-midi.

Nous gagnons en Ducato la ville de Sault, plantée sur un éperon rocheux dans un paysage bucolique de lavandes, de blés et de chênes. Nous nous promenons en ville, mais la chaleur intense nous décourage vite.  Cherchant un endroit pour passer la nuit, nous évitons l’aire réservée aux camping-cars, alignés comme des oignons en plein soleil. Nous préférons le camping municipal du Défends, vaste espace boisé (cf. 11 septembre 2005). Nous sortons la table et les chaises. Notes, lecture, pastis et repas dehors…

Dimanche 31 mai 2015 : Lagarde-d’Apt – la Loge.

A 9h30, au départ de Lagarde-d’Apt, j’emprunte une route goudronnée puis un chemin de terre. A cette altitude, la température est plus supportable. J’atteins la clôture d’un parc à cervidés. Une harde de daims est d’ailleurs en train de pâturer sur la prairie centrale. Un peu plus loin, de vieilles pancartes à terre ont été ou se sont abattues. Pour éviter aux randonneurs suivants de continuer tout droit (comme je l’ai fait !), j’essaie un jeu de construction, disposant à terre les pancartes détruites. Quittant les limites de la commune, je quitte aussi définitivement le parc régional.

Comme une carte postale, apparaît brusquement le mont Ventoux.


J’évite le hameau privé de Berre qu’il me faut contourner. Après cela, je grimpe au carrefour de la Croix de Lavande (1098 m). Je descends vers le fond d’un petit vallon puis, un peu plus haut, m’arrête au bord du chemin pour le casse-croûte : j’observe en mangeant le vol des piérides et autres gazés.
Brève jonction avec le GR 9, pendant 1 km, jusqu’au carrefour qui mène au Signal de la Peine.
Plein nord, le GR 4 entre dans un bois où se mêlent chênes, pins et fayards… Plus loin le bois s’éclaircit et l’on découvre au loin Sault et ses champs de lavande. Le sentier, en descente de plus en plus raide et rocailleuse, atteint une route à l’entrée de Sault. Contournant l’éperon où est perchée la ville, je gagne le hameau de la Loge. Des œuvres d’art sont exposées au bord d’un ruisseau : de belles photographies de ce pays de couleurs et de senteurs…
Il est 16h. La traversée de la Loge est dangereuse, sur une route départementale fréquentée. A la sortie du hameau, j’aperçois le Ducato…

Nous retournons au camping municipal du Défends, à Sault.

Lundi 1er juin 2015 : La Loge – le Belvédère.

Ce matin, j’entame l’ascension du flanc sud du mont Ventoux. Le sentier de randonnée monte d’abord doucement jusqu’à Verdolier, situé au fond d’un vallon de la Haute Nesque. Bel ensemble formé par l’église, le lavoir et la fontaine.
Au bord du chemin, sur les murets de pierre, s’épanouit la centranthe rouge, dite lilas d’Espagne, très visitée par le moro-sphynx ou sphynx colibri, qui avec le genêt à balais et l’églantier forme de somptueux tableaux colorés.


Après le cimetière, un chemin caillouteux prend le relais. Au bout d’un moment, quelque chose me semble bizarre : le parcours ne s’élève pas suffisamment par rapport à ce que m’indique le topoguide ; et je n’aperçois plus de balisage depuis un bon moment. En effet, je suis en train de suivre une direction nord alors que je devrais me diriger au nord-ouest. Demi-tour, donc. Trois quarts d’heure d’aller-retour pour rien !
Quand je retrouve le balisage, c’est alors que je commence à grimper pour de bon. Le sentier est rude et s’élève rapidement en un fort dénivelé jusqu’au Jas Forest (1131 m). Cet abri est le point de jonction avec le GR 9 Jura-Côte d’Azur que j’avais parcouru en sens inverse le 11 septembre 2005.
Les deux GR se poursuivent sur une piste forestière et traversent un massif aéré de pins sylvestres et de pins noirs d’Autriche, jusqu’à atteindre, au lieu-dit le Belvédère (1327 m), la D164. C’est la route de Sault au mont Ventoux où se retrouvent tous les fous de vélo qui se lancent à l’assaut de cette montée mythique.
Viviane est là aussi. Nous mangeons sur place au bord de la route aux côtés d’œuvres d’art contemporain faites de matériel de récupération : un cerf, ainsi qu’une biche et un faon en train de brouter en contrebas.

Dans l’après-midi, redescendus dans la vallée de Sault, nous allons visiter Aroma’Plantes, distillerie et exploitation agricole spécialisée dans la production des plantes aromatiques et médicinales en agriculture biologique.
Au soir, nous sommes de retour pour une troisième nuit consécutive au camping municipal du Défends. Un rouge-queue à front blanc a décidé de nous faire un concert…

Mardi 2 juin 2015 : le Belvédère – abri du Contrat (Mont Serein).

De retour au Belvédère, nous nous attardons autour des sculptures que nous photographions.


Puis je reprends ma course jusqu’à un croisement forestier où le GR 9 s’éloigne vers la face nord du mont Ventoux. Le GR 4, lui, entreprend l’ascension vers le sommet. Il atteint un emplacement militaire abandonné de silo et rejoint un petit col, le Pas de la Frache (1575 m). Peu à peu, il sort de la forêt. La végétation s’appauvrit pour laisser place à un désert de rocaille.




Après la Tête de la Grave (1648 m), la montée se poursuit, régulière, jusqu’au col des Tempêtes (1841 m).
On y retrouve la route en provenance de Sault. J’observe le jeu d’un photographe qui s’est installé en bord de route. Il flashe les nombreux cyclistes qui gravissent le mont puis les accompagne en courant pour leur proposer la photo. Evidemment, en plein effort, personne ne s’arrête !
Encore une petite grimpée en suivant la crête jalonnée de piquets rouges, et je débouche sur la route qui fait le tour du sommet. Le mont Ventoux est le plus haut sommet de Vaucluse et le point culminant du GR 4 (1912 m)


Surnommé le Géant de Provence ou le mont Chauve, son isolement géographique le rend visible sur de grandes distances. Il offre une carte postale unique, des champs de lavande à ses pieds, du vert des forêts qui couvrent ses flancs jusqu’à la pierraille de son sommet dénudé donnant l’impression qu’il est éternellement enneigé.
Entre les cyclistes, les motards, les touristes, les camping-cars et les randonneurs, il y a beaucoup de monde là-haut. Coup d’œil à la table d’orientation qui offre des horizons très étendus, où que l’on se tourne.
Et maintenant, il me reste à descendre l’autre versant, sur le flanc nord de la montagne. Le sentier s’abaisse rapidement dans ce décor minéral par de larges lacets. Une grande prudence m’est nécessaire, car la sente est très dégradée et dangereuse par endroit. Plus bas, on retrouve une végétation de forêt primaire restaurée qui mène à la combe du Contrat. Le GR 9, en provenance du versant nord par un sentier en balcon, rejoint à nouveau le GR 4. Ensemble, ils gagnent l’abri du Contrat (1400m) où coule une source.

A 13h15, je rejoins à 700 mètres de là le camping-caravaneige du Mont Serein. Viviane m’y attend à l’entrée. Nous nous installons dans ce sympathique camping circulaire en terrasse, avec vue sur les Baronnies, où nous avions déjà séjourné le 10 septembre 2005. Nous tirons l’auvent, sortons la table, les chaises. Nous allons y passer cette dernière après-midi, occupés par les repas, la sieste, la lecture, la balade, les jeux de société…
A 21h, le soleil, qui ne nous a pas quittés pendant ces douze jours, éclaire encore le camping et le sommet du Ventoux. Il disparaît à 21h20…




Fin de la 2période






Vendredi 29 avril et samedi 30 avril 2016 : Abri du Contrat – Malaucène.

Vendredi 29 avril 2016

Viviane et moi arrivons à 13h au camping-caravaneige du Mont Serein, sous le mont Ventoux. Nous dérangeons la patronne qui n’attendait personne à cette heure-ci. Nous en sommes d’ailleurs les seuls clients. Elle nous prévient : il va faire froid cette nuit.
Nous passons l’après-midi au camping : lecture, petite balade. Il fait soleil, mais le vent et la fraîcheur ne nous encouragent guère à nous attarder à l’extérieur. Dans le fourgon, le soir, nous jouons au rummikub, ainsi que souvent les prochaines soirées.

Samedi 30 avril 2016

Il a fait froid cette nuit, mais notre couchage était suffisant !
A 8h15, je me mets en route. Je rejoins l’abri du Contrat où se séparent GR 9 et GR 4. Cet abri, non gardé, est une cabane en pierre. Il se situe dans une zone d’abris forestiers dégradables sur un socle en dur destiné à compenser la pente. Les abris ont disparu, restent les socles de pierre, tel celui où je débute la randonnée.
Le GR 4 descend en pente douce à travers une forêt de pins à crochets. Je ramasse un cône pour le rapporter à Viviane. La piste fait place à un sentier qui longe le flanc de la montagne et permet de beaux points de vue. Le GR sort de la forêt, traverse le ravin du Grand Vallat qui est un cirque impressionnant d’éboulis que dominent des rochers escarpés. Après un sous-bois d’érables, de hêtres et de conifères de reboisement, le sentier devient plus pierreux, plus difficile, et il atteint le col du Comte (1004 m).
On aperçoit au loin les Dentelles de Montmirail. L’itinéraire descend en lacets jusqu’au fond d’un vallon au milieu d’une végétation méditerranéenne, retrouve des cultures et suit une petite route bordée de vignes et de vergers (cerisiers et abricotiers).
Je retrouve Viviane à l’entrée du hameau des Alazards.

Après avoir mangé dans le fourgon, je repars à 13h.
Le sentier amorce une montée raide en forêt vers les escarpements de Trempe puis grimpe en un fort dénivelé vers un plateau herbeux planté de pins. 


Là se dresse sur un rocher à 745 m la petite chapelle Saint-Sidoine.


Je me dirige vers le plateau du Sueil pour descendre ensuite la combe de Comentige jusqu’au cirque de la Baume. Franchissant un petit col, je gagne par d’anciennes plâtrières la source du Groseau.
Il est 16h. Quelques gouttes de pluie… Sur le parking d’un restaurant, m’attend Viviane à l’entrée de Malaucène. Nous entrons en ville en voiture.

Nous allons passer la soirée au camping de Malaucène, en terrasses sur trois niveaux.
A la tombée de la nuit se fait entendre un hibou petit-duc qui part en chasse…

Dimanche 1er mai 2016 : Malaucène –Séguret.

Je quitte le bourg entre des résidences et m’éloigne vers l’ouest. Un mistral violent et glacial souffle en rafales.
Après une ferme, je grimpe dans un bois jusqu’à rejoindre un petit col, passage étroit et sauvage entre des roches calcaires.


Je poursuis mon parcours par un beau sentier forestier relativement protégé du mistral sur le versant sud.
Jonction avec le GR de pays des Dentelles de Montmirail dont on aperçoit au loin les crêtes dentelées.


Les deux GR montent vers le nord jusqu’au col de la Chaîne.
Je mange avec Viviane dans le Ducato sur un terre-plein au bord de la route.

Lorsque je reprends mon parcours, je grimpe en dominant le cirque de Saint-Amand ; j’arrive sur un plateau et, à flanc de pente sur une sente peu visible, j’atteins une échancrure de la crête rocheuse de Saint-Amand, la Pousterle (588 m).


Le GR 4 se sépare du GR de pays et franchit la « pousterle » (porte, ouverture). Il descend en sous-bois jusqu’à un carrefour marqué par cinq cyprès. Il débouche sur un large chemin empierré qu’il va suivre sur plusieurs kilomètres. Puis il descend à travers une zone récemment replantée vers le ravin de Prébayon. Il atteint plus tard une petite route qui conduit à Séguret.

Nous recherchons un camping que nous trouverons à Violès, par le biais du Guide du Routard.

Lundi 2 mai et mardi 3 mai 2016 : Séguret – Les Farjons.

Lundi 2 mai 2016 : Séguret - Cairanne.

Séguret est situé sur un balcon dominant la vallée de l’Ouvèze. Je longe l’église du XIIe siècle, sors du village par la porte nord des remparts du XVe siècle. Ce matin, le mistral est moins glacial mais tout aussi fort et déstabilisant.
Le sentier blanc et rouge se poursuit à flanc de colline, longeant la vallée jusqu’au ravin de St-Jean. Il passe à gué un petit ruisseau, longe le bois de Darbaux. Il côtoie les premières vignes des Côtes du Rhône aux crus réputés. C’est la fin de la montagne et le début des collines des côtes du Rhône qui encadrent la vallée rhodanienne.
Le GR bifurque ensuite dans la vallée et, par des routes plus ou moins (ou même très) fréquentées, franchit l’Ouvèze pour atteindre Roaix.
Il est midi. Il me reste encore quelques kilomètres d’une petite route de colline en montées et descentes, parcourue par des VTT, pour atteindre Rasteau, vieux village situé sur un mamelon.
Je retrouve Viviane sur la place du village. Nous mangeons sur place.
L’après-midi, je monte jusqu’à la cote 325 puis, par des chemins de temps à autre goudronnés, je descends pour rejoindre une route départementale. On y trouve à la sortie d’un chemin viticole une borne de remplissage de pulvérisateur agricole, censée protéger la vigne mais qui empoisonne le sol. Et les pesticides, on les retrouve dans le vin (sauf s’il provient de l’agriculture biologique) ! 
Le GR entre à Cairanne.

Retour au camping de Violès.

Mardi 3 mai 2016 : Cairanne - Les Farjons.

Le mistral souffle toujours, mais la température est plus douce. Je troque le pantalon contre le short.
Je traverse le vieux village puis, par une sente difficile à déceler dans les hautes herbes, je rejoins une route qui franchit la rivière l’Aigues.
Le GR 4 va maintenant longer la rivière puis s’éloigner vers l’ouest sur un chemin entre des vignes. Il va s’engager par des chemins de terre dans le vignoble réputé du domaine de la Présidente. Long parcours entre les vignes, souvent par vent contraire, déstabilisant et fatigant.
J’atteins les faubourgs de Sainte-Cécile-les-Vignes. La vigne est cultivée depuis plus de 800 ans dans la commune. Après bien des vicissitudes (phylloxéra notamment), le vignoble fut reconstitué. C’est le seul village vauclusien à célébrer le cep. Ses vins comptent parmi les plus réputés du département.
Le sentier n’entre pas dans le village, s’engage dans des chemins d’exploitation de vignes. Le balisage laissant à désirer, je demande mon chemin à un ouvrier agricole. Je rejoins un parcours en sous-bois et gagne par une petite route Lagarde-Paréol.
Traversant le village, je retrouve Viviane en périphérie, après un coup de téléphone pour préciser l’endroit où je me trouve. Nous mangeons dans le fourgon au bord de la route.

L’après-midi, un chemin monte doucement, bordé par des massifs de cistes cotonneux, puis un sentier en sous-bois mène à une zone de vignes, certaines exploitées, d’autres en friche.


Massifs de cistes cotonneux

De là, un sentier pierreux pas très facile descend pour rejoindre la route départementale au carrefour des Farjons. C’est là, devant le cimetière, que je retrouve Viviane.

Le GdR nous indique un camping à Suze-la-Rousse, dans la Drôme, petit espace campagnard très agréable.

Mercredi 4 mai 2016 : Les Farjons – le Rhône (Pont-St-Esprit).

Le GR se dirige vers la ferme-château de Massillan et poursuit son cheminement plein ouest, traverse le bois de Boncavaï pour rejoindre, par chemins empierrés et petites routes, la départementale 152 à l’entrée de Mondragon, dans la vallée du Rhône.
Viviane arrive à ma rencontre avec le Ducato. Nous traversons la ville, franchissons la ligne de chemin de fer, la route N7, enjambons l’autoroute du Soleil et le canal de Donzère-Mondragon. Nous garons le camping-car à l’entrée de l’ancien chemin de halage pour y manger.
Le canal de dérivation de Donzères-Mondragon, long de 28 km a été réalisé de 1948 à 1952. Ouvrage grandiose, c’est la pièce maîtresse d’un plan d’aménagement du Rhône poursuivi par la Compagnie Nationale du Rhône.
Il me reste maintenant à rejoindre le fleuve. Petite route de cinq kilomètres au travers d’une zone de vergers, d’exploitations fruitières et de champs protégés du vent par des rangées de cyprès. La vigne a disparu.
J’atteins le lieu-dit le Bout du Pont, à l’entrée du pont qui franchit le Rhône pour rejoindre la ville de Pont-Saint-Esprit. Viviane est là, stationnée sur un parking.

Pour 15h, nous nous installons dans un camping à Mondragon.

Jeudi 5 mai 2016 : Pont-Saint-Esprit – Aiguèze.

Je débute assez tard aujourd’hui.
Vers 10h, Viviane et moi franchissons à pied le pont sur le Rhône pour entrer à Pont-Saint-Esprit, dans le département du Gard. Constitué de 25 arches, le pont mesure un kilomètre de long. Sa première pierre a été posée en 1265. Il a fait la fortune de la ville par le paiement de l’octroi y afférant.




Laissant Viviane retourner au fourgon, je traverse la ville, carrefour stratégique de trois régions : Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
A peine sorti de la ville, j’ai droit au concert enjoué d’un rossignol perché au cœur d’un chêne. Je poursuis mon cheminement au travers d’une plaine cultivée pour gagner la cave coopérative de St-Paulet-de-Caisson où je retrouve Viviane, à la jonction du GR 4 et du GR 42.

Le vent a cessé, la chaleur s’installe. Lorsque je reprends mon parcours, je côtoie à nouveau les vignes de Côtes du Rhône, cette fois de la rive droite. Je passe un ruisseau à gué sur des troncs d’arbres couchés dans le courant. Les trilles des rossignols dominent les chants des autres oiseaux.
Le GR 4 et le GR 42 (que j’avais parcouru en sens inverse en 2014) atteignent Saint-Julien-de-Peyrolas. Perché, à environ 90 m d'altitude, sur un piton rocheux, ce petit village du haut Gard rhodanien conserve son aspect fortifié du XIIe siècle. Il subsiste encore des remparts et deux tours d’angle intérieures. Le sentier dévale la butte, franchit une route fréquentée, traverse un ruisseau à gué puis atteint le pont sur l’Ardèche. Les deux GR se séparent. Le GR 42  traverse la rivière et pénètre à Saint-Martin-d’Ardèche, sur la rive gauche. Le GR 4, lui, longe la rive droite jusqu’à Aiguèze, pittoresque village en à-pic sur les gorges de l’Ardèche. Vues somptueuses sur la rivière et le bourg fortifié.















Je débouche sur la place centrale du village, envahie de touristes en ce pont de l’Ascension. Je visite l’église restaurée au joli mobilier baroque.


Je me mets en quête de Viviane. Les parkings sont bondés. Pas question de rester sur l’un d’entre eux pour la nuit.

A 15h45, nous nous installons au camping Les Cigales, indiqué par le topoguide et le GdR. Etrangement, il n’y a personne, excepté un groupe de motards dans un mobil-home. Nous prendrons notre premier repas dehors, sortant la table de camping sous un micocoulier et un mûrier. Dans la soirée, nous jouons au rummikub ainsi qu’habituellement. A la tombée de la nuit, les chauves-souris prennent leur envol, le rossignol entame son tour de chant.

Vendredi 6 mai 2016 : Aiguèze – Labastide-de-Virac.

Je reprends ma randonnée à 9h. Le GR serpente entre les vieilles pierres des ruelles médiévales du village, corridors pour les martinets noirs qui se livrent à des courses endiablées par-dessus les têtes au niveau des toits. Pittoresque chemin de ronde qui domine l’Ardèche. Vue magnifique sur la rivière.
Le sentier grimpe sur le plateau dominant l’Ardèche, puis il s’éloigne en direction nord-ouest sur la ligne de faîte de ce grand plateau calcaire boisé. Il traverse à une altitude moyenne de 350-400 m un immense taillis de chênes, sans un point d’eau, sur de larges pistes DFCI de lutte contre les incendies parsemées de citernes. Des massifs d’églantiers et de rhododendrons émaillent les bas-côtés. Une maison forestière abandonnée sera la seule construction rencontrée.
L’itinéraire quitte le Gard et passe dans le département de l’Ardèche. Je m’arrête à un carrefour forestier pour casser la croûte avec un repas tiré du sac. Devant moi, bourdons et abeilles butinent sur les massifs de callunes. Les hellébores fétides sont en pleine floraison.

Le sentier s’abaisse ensuite vers le mas de Serret. C’est devenu un camping où nous pourrions dormir, vu qu’une route le rejoint. J’essaie d’appeler Viviane, mais il n’y a pas de réseau. Je décide alors de continuer. Un beau mur de pierres sèches mène au hameau des Crottes-Hautes que le chemin traverse sous un passage voûté.
A 16h, j’arrive à Labastide-de-Virac, perché sur un mont où trône un château féodal.

Nous trouvons un camping non loin de là, à Vagnas.

Samedi 7 mai 2016 : Labastide-de-Virac – Comps.

A 9h, à la sortie du village, je m’engage sur le chemin des Claux. Ce sont maintenant les vignes des Côtes du Vivarais que l’on côtoie. Après une traversée forestière, le sentier débouche sur des zones pavillonnaires. Je rattrape un groupe de randonneurs que je vais m’efforcer de ne pas doubler, restant à distance respectueuse… Tout le monde atteint Salavas.
En face, traversant l’Ardèche, on atteint Vallon-Pont-d’Arc, camp de base de tous les canoës-cayakistes de France et de Navarre qui descendent les gorges de l’Ardèche ! L’endroit à éviter absolument, surtout en ce week-end de l’Ascension…
Je sors du village par une petite route, passe le pont sur le ruisseau de Lantousse ; je monte vers un ancien four à tuiles et je bifurque sur un chemin malaisé encombré de grosses pierres. Le sentier s’élève en un raidillon, véritable torrent de pierres ! J’atteins un beau point de vue. A l’horizon, le rocher de Sampzon, point de repère de tout le secteur. 


Une famille s’engage sur le sentier scabreux d’où je proviens, encombrée de ses ados renfrognés et résignés, avec chacun une bouteille de Coca-Cola en plastique à la main…
Je m’arrête un peu plus loin pour casser la croûte au bord du chemin.

Le sentier va traverser des garrigues sans aucune habitation ni point d’eau. Il se dirige vers le versant nord du Moure-Frey, monte sur la Planèze, suit un vallon jusqu’à des ruines, rejoint une voie antique à ornières, passe à côté de la chapelle ND des Songes et débouche sur les ruines du Chastelas. C’est le village du Vieux Vallon, délaissé par les habitants dans la première moitié du XXe siècle parce que l’eau potable n’y montait pas.
Curieuses ruines pleines de charme, qui dévalent la colline.



Après une croix de pierre, le GR s’insinue entre deux maisons, se poursuit par un sentier mangé par les herbes et débouche sur un chemin d’exploitation qui me mène à une barrière basculante où se situe un espace de parking.
Je pensais y retrouver Viviane, mais personne… J’essaie mon téléphone portable : pas de réseau ! Il me faut donc continuer. Je franchis à gué le ruisseau de Vébron, gravis une colline et débouche sur une large route. Ayant réussi à joindre Viviane, je la retrouve sur cette route en direction de Comps. Nous atteignons l’entrée du hameau à 16h45.

Un camping à la ferme est indiqué, que nous ne trouvons pas. Après nous être égarés auprès d’un centre de vacances envahissant, nous dénichons un camping à Berrias.

Dimanche 8 mai 2016 : Comps – Les Vans.

Depuis Comps, le GR 4 parcourt la campagne jusqu’au hameau des Lèbres où se trouvent des gîtes ruraux. Il s’éloigne par un chemin de terre à travers vignes et bosquets. Il franchit le Granzon sur un pont, à proximité du camping où nous avons passé la nuit. Des bancs de petits poissons peuplent le cours d’eau. J’entends au loin le chant monotone de la huppe fasciée.
Je débouche sur la place du village de Berrias. J’en sors par un trottoir qui longe un réseau de ruisseaux et le mur d’enceinte du château. Je continue plein nord dans la garrigue. 



Le Massif central n’est pas loin : les Cévennes se profilent à l’horizon.
Je coupe la route D252 où non loin de là je retrouve Viviane.

L’après-midi, lorsque je reprends mon parcours, j’entre dans le bois de Païolive. Le bois de Païolive est un site géologique remarquable mais aussi un haut-lieu de biodiversité. Il est classé en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, site Natura 2000 et Espace Naturel Sensible.
Ce milieu calcaire karstique « à caractère ruiniforme » a donné naissance à des formes naturelles surréalistes, comme les gorges profondes creusées par la rivière Chassezac,

de superbes lapiaz,

des chaos minéraux aux formes tourmentées.

La magie opère…
Le sentier de grande randonnée domine la rive droite du Chassezac sur une corniche au-dessus d’une falaise de 80 mètres de haut. C’est un passage délicat par temps de pluie. Et justement, le temps se couvre, quelques gouttes font mine de tomber. Mais le sentier s’éloigne de la rivière et traverse un dédale de rochers. Il quitte la forêt, rejoint un chemin carrossable ; il coupe une route, traverse le plateau du Gras pour atteindre le hameau de l’Habitarelle. Beau point de vue sur Les Vans, ville nichée sous les premiers contreforts des Cévennes.
Pénétrant dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche, le GR dévale vers la ville par un sentier de chèvres, débouche auprès du cimetière et descend vers la vieille place du marché du bourg où est stationnée Viviane.

Il est 17h. Nous nous dirigeons vers le camping Le Pradal, indiqué par le Routard. Nous y sommes presque seuls, hormis deux tentes. Le ciel est couvert. Bientôt la pluie commence à tomber, nous empêchant de faire sécher sur une corde l’écharpe et le tee-shirt de randonnée fraîchement lavés.
Plus tard, à la tombée de la nuit, un jeune provenant d’une des tentes entame des allers-retours entre sa guitoune et les sanitaires, l’air hagard et le pas incertain, comme s’il cherchait quelque chose, comme s’il était en manque. Il attendra que je rentre dans le camping-car après avoir éteint la lumière des sanitaires pour reprendre son manège…

Lundi 9 mai 2016 : Les Vans – la Luminière.

Quand nous nous levons, nous observons que le jeune a repris son ballet.
Lorsque nous sommes prêts, nous quittons le camping et Viviane me dépose au centre des Vans.

Je quitte la ville par un petit chemin entre deux murs élevés. J’emprunte un itinéraire en corniche avec point de vue sur le Chassezac.
Le GR 4 a maintenant atteint le piémont cévenol. Je n’ai pas enfilé mes guêtres, et mes chaussures sont vite trempées par les hautes herbes mouillées. De petites ondées insidieuses se rajoutent aux difficultés rencontrées sur les dalles calcaires glissantes. Grives musiciennes et rossignols n’en ont cure et rivalisent de leurs trilles variés.
Le sentier descend vers la rivière dans un de ses méandres et franchit le Chassezac au pont du Nassier, inondable par fortes eaux. 


Il remonte vers l’église des Salelles postée sur une butte : seule église gothique du canton, classée Monument historique, avec un curieux donjon carré. J’en fais le tour mais ne peux y pénétrer. Je replonge sous les acacias en fleurs jusqu’au bord de la rivière, à la Pontière, où subsistent les ruines d’un pont médiéval.


Restant sur la rive gauche, je longe un moment le Chassezac, et je grimpe vers quelques lieux-dits et hameaux. Les dalles calcaires sont glissantes, situation qui exige une attention soutenue, surtout lorsque je surplombe un ravin ou une falaise. Des terrasses ardéchoises commencent à apparaître. Les "faïsses" ou "bancels" en Cévennes étaient des terrasses cultivées, édifiées pour retenir la terre et disposer de terrains aussi plats que possible.
Les pieds flottent dans les chaussures lorsque j’arrive à l’entrée du hameau de la Luminière, où je rencontre Viviane garée au bord d’une petite route. Il est 12h30.
Nous mangeons dans le fourgon. Après quoi, je m’accorde une petite sieste.

On décide d’interrompre la randonnée à cause du mauvais temps, car il est difficile de faire sécher les vêtements dans le camping-car par cette humidité constante, et vu les prévisions météo des prochains jours.

Nous retournons passer l’après-midi et la nuit au camping Le Pradal. Cette fois, nous y sommes seuls. Nous rentrerons demain à St-Apollinaire-de-Rias.



Fin de la 3période




Lundi 7 novembre 2016 : La Luminière – croix de Comte.

Viviane et moi arrivons vers midi au sud de l’Ardèche à l’entrée du hameau de la Luminière. Nous mangeons sur place.
A 14h30, je me remets en route. Grand soleil, mais vent froid.

Je traverse le hameau par un sentier qui serpente entre deux murets. Je descends dans un bois de pins jusqu’au ruisseau de Gachalou, beau parcours sous les frondaisons.



Au travers d’une châtaigneraie, le GR 4 remonte vers Malarce-sur-la-Thines. Il s’engage désormais dans une région sauvage de plateaux, sillonnée de profondes vallées.
En lacets à travers bois, le sentier monte sur le serre de Champ-Redon et se poursuit sur le plateau vers le nord. La châtaigneraie est encore présente, mais de plus en plus concurrencée par la pinède encore baignée par un soleil déclinant.


Lorsque je rejoins la D10 à l’intersection de la croix de Comte (781 m), il fait presque nuit. Il est 17h45. Viviane qui m’attendait un peu plus loin me retrouve peu après.
Et maintenant, que faire ? Il est théoriquement interdit de faire du camping sauvage dans cette région. Et de plus trouver, de nuit, un emplacement n’est pas évident.

Nous décidons de descendre dans la vallée à Rosières, près de Joyeuse. On y trouve le camping du domaine Arleblanc. Il y a de la lumière à l’entrée et c’est ouvert. On ne rencontre personne et l’on s’installe de nuit sur un emplacement.